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  • THOREAU H.-D. : 12 juillet 1817

    Un drôle d'oiseau que cet Henry-David Thoreau !

     

    Thoreau 12-07.jpgIl y a maintenant deux cent un ans qu'il naquit, à Concord exactement (près de Boston) dans un pays où le puritanisme ambiant était particulièrement fort. A l'école, que ce soit comme élève ou plus tard comme maître, il fut un élément plutôt médiocre et rebelle. D'ailleurs, il quitta cette profession d'enseignant car il ne voulait pas donner des punitions corporelles, alors très prisées et qui perdureront longtemps après. Ensuite et jusqu'à l'âge de 28 ans, il occupa différents emplois, notamment au sein de la fabrique de crayons tenue par ses parents. Plus tard, après avoir construit une cabane forestière à proximité du village Walden (à l'ouest de l'axe Albany et New York), c'est là, dans cette sorte d'exil volontaire, qu'il va parfaire son travail d'écriture, notamment pour son premier grand ouvrage Walden.

     

    Ce texte laisse percevoir une démarche individualiste forte qui se confirma avec les écrits qui suivront, en particulier son affirmation à la désobéissance civile sous le titre Résistance au gouvernement civil. Certains considèrent ce livre comme la conséquence de son opposition récurrente à diverses politiques menées. Elles lui fourniront l'occasion de plusieurs arrestations, dont celle pour non-paiement de ses impôts. Mais c'est oublier que le solitaire Thoreau affirme avec force sa posture non velléitaire, témoignant de sa résistance non violente. Ces protestations furent nombreuses car elles touchaient maints sujets. Notons celle contre les lois esclavagistes sévissant outre-atlantique. Ce fut pour lui l'occasion de quitter le Canada.

     

    Dans son livre sur la désobéissance civile (cité précédement), il commence par ces deux phrases pour le moins énigmatiques : "C'est de tout cœur que je souscris à la maxime selon laquelle « le meilleur des gouvernements est celui qui gouverne le moins », maxime que j'aimerais voir suivie d'effet de manière plus rapide et plus systématique. Si on pousse le raisonnement à l'extrême, on finit par en arriver à l'idée suivante, à laquelle je crois aussi, que « le meilleur des gouvernements est celui qui ne gouverne pas du tout »".*

     

    Cela mérite réflexion. Et pourquoi ne pas enchaîner avec cette autre citation du philosophe : "Où que nous allions, nous ne découvrons d'infinies différences que dans les détails – pas dans les généralités." (in Journal, 1837-1840) ? Une pensée profonde, plus incisive, qui semble se déjouer de la barrière du temps...

     

    Regrettons que ses compatriotes - et le monde en général - soient bien loin d'avoir saisis toute la puissance et la beauté même de son œuvre. Bien loin aussi de l'avoir suivis dans ses propositions qui font de lui un personnage surprenant, authentique, hors du commun, sans doute l'une, sinon la plus représentative personnalité du courant individualiste libertaire américain. Aujourd'hui encore, Thoreau est loin d'avoir livré tous les arcanes de sa pensée particulièrement complexe.

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    * Comment ne pas mettre son propos en parallèle avec, entre autre, cette diatribe de Noam Chomsky : "Tout État a un ennemi principal : sa propre population. Si le climat politique commence à se détériorer dans votre propre pays et que la population commence à devenir active, toutes sortes de choses horribles peuvent arriver ; il faut donc que vous fassiez en sorte que la population reste calme, obéissante et passive. Et un conflit international est un des meilleurs moyens pour y arriver : s’il y a un dangereux ennemi dans les environs, les gens vont abandonner leurs droits, parce qu’ils doivent survivre. » (in Comprendre le pouvoir, premier mouvement)